18.06.2018 par YR
num.280 juillet-août 2018 p.06
Transports publics : premiers jours difficiles pour le train au quart d’heure

Transports publics : premiers jours difficiles pour le train au quart d’heure

La date était prévue de longue date : le 11 juin, le Regio Genève-Coppet a ajusté son horaire, et passe désormais tous les quart d’heure les matinées et soirées de la semaine. Ce qui n’a pas empêché un accident d’intervenir dans l’après-midi, entre Creux-de-Genthod et Versoix. Ni l’habituel retard de 3 minutes à Versoix, direction Genève. Ni l’habituelle manque de communication commune entre les CFF et les TPG.

L’habituel «accident de personne»

Cette histoire est probablement vieille comme le rail : en attendant le train en gare, on s’aperçoit que celui-ci est retardé… puis supprimé. Raison invoquée : l’accident de personne, formule pudique utilisée dans des accidents graves. Celui-ci justifie de bloquer tout ou partie d’une ligne, le temps de porter secours.

Or, l’accident en question est plus remarquable qu’un autre, car il fait également office de test pour le nouveau réseau : cet hiver, le bus V ne desservira plus la gare de Cornavin. En cas d’accident ou de panne du Regio, les voyageurs à destination de Genève devront se débrouiller avec un enchaînement de plusieurs bus.

Un manque problématique ? Nous avions posé la question aux TPG – en charge des lignes de bus et de tram à Genève – en décembre 2017. Leur réponse : «La création de lignes régulières destinées à parer à une défaillance ponctuelle du réseau ferroviaire ne figure pas dans les intentions des Transports publics genevois (tpg).».

Le porte-parole romand des CFF, lui, avait préféré esquiver la question du bus V, en nous recommandant de questionner les TPG.

Stupeur : il est toujours autant en retard

La situation est un cas d’école : voilà un accident intervenu à 15h40 le premier jour de la mise en service du train au quart d’heure, ayant mené à la suppression d’environ une rame sur deux et au retard des autres durant la durée de la perturbation, et n’ayant pas fait l’objet d’un bus de substitution supplémentaire… alors même que la perturbation a duré jusqu’à 20h.

Ce n’est pas tout. Le lendemain de l’accident, un habitué du Regio desservant Versoix est réapparu : le retard de 3 minutes ! Auparavant imputé aux travaux permettant la mise en service du train au quart d’heure, les pendulaires en direction de Genève n’ont pas perdu le décalage entre l’horaire voyageur (trop optimiste d’au moins 2 minutes) et l’horaire de service (plus réaliste, affichant un train arrivant plus tard).

Fin 2017, le porte-parole romand des CFF avait indiqué que l’horaire de service est «un document de travail interne qui n’a aucune valeur pour l’information à la clientèle». Notons qu’il lui arrive plus régulièrement d’être correct – dans ce cas d’usage précis – malgré le fait qu’il soit officiellement déconseillé de s’y fier.

La tête dans le U

Troisième et dernier acte de la pièce du Train Au Quart d’Heure, le décalage des horaires du bus U. Par voie d’affichettes, les TPG ont annoncé décaler les horaires de passage du bus afin de se caler sur le nouvel horaire du train.

Les changements sont de quelques minutes à peine (par exemple, 17h20 au lieu de 17h24), mais étant donné la régularité limitée de la ligne U (une fois par heure sauf exceptions), ces quelques minutes peuvent faire la différence entre un trajet de 6 minutes et une marche d’une demi-heure.

Or, malgré le fait qu’il s’agisse d’une «Modification définitive», l’horaire nouveau du bus U n’est pas en vigueur – du moins, à la rédaction de cet article – sur l’application des CFF, là où nombre de voyageurs planifient leurs trajets et achètent leurs billets, notamment lorsqu'ils combinent train régional et bus local, pour arriver à bon port.

Bonne marche !

Texte et photos : Yann Rieder

auteur : Yann Rieder

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