Robert Doisneau au Boléro à Versoix
18.06.2018 par LR
num.280 juillet-août 2018 p.15
Robert Doisneau : le magicien du noir et blanc

Aller jeter un coup d’œil à l’exposition du Boléro vaut bien le détour.
Non seulement l’œil prolonge l’objectif du photographe, mais en plus il en assure le regard, la perception de l’être dans le trait de génie qui capte l’instant présent, unique. C’est une symphonie de clichés qui raconte une époque, analyse le personnage, le décor, l’action. L’œuvre d’art dans cette projection de noir et blanc prend toute sa valeur, toute son intensité. Les scènes sont si cocaces parfois qu’on se croirait au milieu des gens, vivant et partageant avec eux le moment présent, cet instant précieux immortel. Subtilité des contrastes, du sujet qui peut plaire, de l’expression du visage
qui s’humanise et la rend vivante, agissante, sous l’œil artistique et émotionnel du photographe. Chaque situation est une situation propre à elle-même, un fait quotidien pris dans l’histoire humaine vécu au jour le jour et qui a d’autant plus d’importance aujourd’hui puisque ces clichés ont été un reflet de cette longue période de guerre.
Robert Doisneau croque les moments les plus merveilleux de joie, de plaisir, de détente. Les portraits sont souriants, même si la situation semble difficile. C’est là que surgit le charme de Doisneau qui disait lui-même : «Toute ma vie, je me suis amusé, je me suis fabriqué mon petit théâtre». Il s’en faisait un véritable bonheur et il a su le transmettre par ses photographies.
[Exposition jusqu’au 29 juillet 2018 au Boléro à Versoix]
Lucette Robyr

Photo : LR
 

auteur : Lucette Robyr

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