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09.10.2018 par YR
num.283 novembre 2018 p.05
Les opposants au PSIA préparent leur initiative avec un livre

Les opposants au PSIA préparent leur initiative avec un livre

Vieille ville de Genève, début octobre : un petit nombre de journalistes couvrant l’actualité du canton se rendent dans un petit café chic tout proche des locaux occupés par les têtes pensantes de l’administration genevoise.

Au programme : une conférence de presse des auteurs et préfaciers d’un ouvrage consacré à l’Aéroport International de Genève, dont ils souhaitent un développement plus modeste. Dans le viseur, une initiative populaire cantonale dont la campagne pourrait se dérouler en mai 2019.

La bande habituelle

Le comité présent à la conférence de presse ne surprendra pas grand monde. En tête de proue, l’on y a retrouvé la Conseillère Nationale verte Lisa Mazzone, qui s’est chargée de modérer l’évènement et d’y apporter sa notoriété.

Étaient également présents : des représentantes des éditions Jouvence (éditeur de l’ouvrage), de la CARPE (Coordination régionale pour un aéroport de Genève urbain, respectueux de la population et de l’environnement — respirez un bon coup si vous lisez cet article à haute voix), et de l’ARAG (Association des Riverains de l’aéroport de Genève).

Mais aussi — et c’est rafraîchissant — l’on a pu y découvrir un professeur de l’UNIL, un élu d’une commune de France voisine, ainsi qu’un encarté au PLR et un autre du PDC. De quoi saper l’idée que la remise en question du développement de l’aéroport serait un enjeu exclusif à la gauche.

Ces personnalités publiques sont défavorables au développement de l’aéroport tel que prévu par le plan sectoriel chapeauté par Berne. Pour eux, il ne fait pas assez pour endiguer l’impact du trafic aérien sur le réchauffement climatique, ainsi que pour améliorer la tranquillité des habitants de communes périphériques à l’aéroport et aux axes de vols en basse altitude que ce dernier implique.

Les propos développés n’ont rien de nouveau — leur arsenal argumentatif étant rôdé depuis bien des années maintenant. D’un camp comme de l’autre, la guerre de tranchées semble inévitable.

En ligne de mire, l’initiative populaire

Pourquoi faire un livre, alors ? Selon les personnalités présentes, il s’agit de lancer le débat, d’informer la population sur une base argumentative clairement engagée, mais aux données revendiquées comme référencées, sourcées.

Mais ce n’est pas tout : les recettes de l’ouvrage ont un but bien précis, celui de participer au financement de la campagne politique qui devrait s’ouvrir au printemps de l’année prochaine. Comme le but est pour eux de mener bataille dans les urnes, un trésor de guerre est nécessaire.

Interrogé sur l’échelle cantonale et non fédérale de l’initiative populaire dans les tuyaux, le camp des initiants esquive un peu la question : pour lui, il est important d’agir aux deux niveaux simultanément.

Sans qu’ils l’admettent de vive voix, l’on devine aisément qu’une initiative populaire de ce genre a bien plus de chances de remporter l’adhésion des votants si ceux-ci comprennent plus de personnes devant vivre avec les inconvénients de l’aéroport (une partie des Genevois) plutôt qu’en s’adressant à une nation toute entière qui n’est, pour la vaste majorité, pas concernée par le bruit.

Au fin fond de Sion, l’on doit bien se ficher du couloir de bruit traversant Versoix.

Texte et photo : Yann Rieder

auteur : Yann Rieder

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