12.04.2019 par FK
num.288 mai 2019 p.13
2019 : 30e anniversaire de la Convention des droits de l’enfant : épisode 3//

2019 : 30e anniversaire de la Convention des droits de l’enfant : épisode 3.

Pour ce numéro, un groupe d’enfants de la Villa Yoyo discute du droit à l’éducation….
En son article 28, la Convention stipule que les Etats parties reconnaissent le droit de l'enfant à l'éducation, fondement de l’égalité des chances.

Ainsi, les Etats

  • rendent l'enseignement primaire obligatoire et gratuit pour tous;
  • encouragent l'organisation de différentes formes d'enseignement secondaire, tant général que professionnel, les rendent ouvertes et accessibles à tout enfant, et prennent des mesures appropriées, telles que l'instauration de la gratuité de l'enseignement et l'offre d'une aide financière en cas de besoin;
  • assurent à tous l'accès à l'enseignement supérieur, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés;
  • rendent ouvertes et accessibles à tout enfant l'information et l'orientation scolaires et professionnelles;
  • prennent des mesures pour encourager la régularité de la fréquentation scolaire et la réduction des taux d'abandon scolaire.

Pour ce groupe d’enfants de la Villa Yoyo, l’éducation est d’abord et avant tout la tâche des parents. Sans l’accompagnement de ces derniers, ils sont convaincus qu’ils feraient bien plus de bêtises, seraient considérés par les autres comme « mal élevés » et que ce serait plutôt triste !

Parler d’éducation, pour eux, c’est parler de règles. Parmi celles-ci, ils évoquent la nécessité de s’écouter mutuellement, de faire preuve de gentillesse ; d’éviter de se bagarrer ; de respecter les adultes, mais aussi les autres enfants et leurs biens (téléphone, lunettes, sac, etc.).
Ils imaginent que les enfants qui vivent dans la rue dans certains pays ne peuvent malheureusement pas apprendre ces règles, ce qui doit être très difficile pour eux quand ils deviennent adultes.

A l’école, s’ils acquièrent des choses importantes pour se débrouiller dans la vie, comme lire, écrire, compter, ils insistent beaucoup sur le fait que là aussi, et avant tout, ils apprennent à écouter, obéir, vivre et jouer ensemble.

Merci à Amir, Thuyavan, Génésis, David, Noa, Setom, Noor, Anessa, Billy et Ines pour ces échanges !

…et un groupe de la Maison de quartier rebondit sur leurs propos !

Pour Mariam, Noora, Ana-Laura, Riccardo, Laura et Célina de la Maison de quartier, l’éducation c’est apprendre à vivre ensemble, en regardant faire les autres. L’amour que leur témoigne leurs parents leur permet à leur tour de montrer de l’affection aux autres.

L’éducation, c’est aussi l’acquisition de trucs comme les maths, le français, l’anglais. Sans ces bases, pour lesquelles il faut travailler beaucoup, ils pensent que ce serait difficile de gagner leur vie. Ils se rêvent déjà cheffe de l’armée, chimiste, vétérinaire ou encore styliste. Tout cela n’empêche pas qu’ils préfèrent la récréation aux cours. Sur ce temps-là, ils se sentent plus libres … mais aussi plus responsables, tout en regrettant que certain-e-s se permettent de « faire n’importe quoi » sans respect pour les autres.
Ils sont convaincus que chacun-e est fondamentalement intelligent-e mais que c’est la manière d’utiliser son intelligence qui est différente pour les un-e-s et les autres. Et c’est là qu’intervient l’éducation….

Plutôt que de règles, ce groupe d’enfants parle de limites…et trouve très important de pouvoir les tester pour savoir jusqu’où ils peuvent aller. L’un d’eux raconte ainsi avoir pris des perles dans un grand magasin quand il était tout petit. Il ne savait pas alors ce que cela voulait dire que voler. Mais au ton de voix des adultes et à leur regard, il a compris, par lui-même, que cela ne se faisait pas ; il a compris ce que c’était que voler et…il s’est senti très mal.

Être éduqués, c’est aussi le droit de se plaindre quand ils ne se sentent pas respectés tout comme celui d’avoir des meilleurs ami-e-s.

Si l’éducation est essentielle, elle est aussi une contrainte. Alors, ils se prennent à rêver un monde idéal où il n’y aurait pas besoin de limites, d’apprentissages, de cadres. Une sorte de paradis sans violence….

Pour conclure, à la question de savoir ce qu’ils apprendraient prioritairement à leurs futurs enfants, ils répondent sans hésiter la politesse, le respect, les limites, se défendre, faire à manger et vivre avec les autres pour ne surtout pas rester tout seul.

Merci encore à Mariam, Noora, Ana-Laura, Riccardo, Laura et Célina pour cette discussion !

Francine Koch

auteur : Francine Koch

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