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17.06.2019 par YR
num.290 juillet-août 2019 p.06
Au Conseil municipal, on préfère l’eau de Pré-Bois à celle de Divonne

Oui pour Pré-Bois

Malgré la fin de non-recevoir de deux communes sur douze en début d’année, le législatif de Versoix a bien validé par 14 oui, 9 non et 1 abstention le projet de piscine intercommunale à Meyrin, au site dit de « Pré-Bois ».

Les sommes ont légèrement augmenté, du fait du retrait de Russin et Prégny-Chambésy : la participation de Versoix à l’emprunt collectif pour lancer le projet se monte désormais à 1’383’000 CHF, soit 84’000 CHF supplémentaires.

Quant au résultat net annuel, il est projeté à 1,5 millions de CHF de pertes, réparties entre les 10 communes. De par sa taille et son éloignement, Versoix devra éponger autour de 97’000 CHF chaque année

Le projet, lui, n’a pas changé : il s’agit toujours d’un bassin de 50 mètres, accompagné d’une pataugeoire de 100 mètres carrés et d’espaces dédiés pour les vestiaires et les sanitaires.

Lors des débats, M. Angelo (MCG) a indiqué être convaincu que le projet n’est « pas une plus-value pour les versoisiennes et les versoisiens ». Son parti a opté de voter contre.

Quant à M. Kummer (Verts), il a relevé que « la commune de Meyrin avait demandé au Grand Conseil le financement de ce projet ». Or, selon M. Kummer, lors des débats au Grand Conseil, « a été évoqué le cas de la piscine de Cointrin, que la commune devait rénover pour 16 millions de francs. Avec ce projet de Pré-Bois, Meyrin a reconnu ne pas avoir besoin de rénover la piscine de Cointrin ». Selon le Conseiller municipal, ce projet est « un cadeau de 7 millions » à la commune de Meyrin.

Front uni contre les bouteilles de Divonne

Hier, les élus de Versoix luttaient contre la décharge bioactive. Aujourd’hui, c’est l’embouteillement à Dionne-les-Bains qui provoque l’ire de nos élus ! Il faut dire que le cours d’eau qui traverse la commune, La Versoix, prend sa source non-loin de Divonne. Le risque écologique est soulevé.

Non seulement les cinq partis présents dans l’hémicycle (MCG, PLR, PDC, Verts, PS) ont proposé puis unanimement approuvé une motion soutenant un refus catégorique à ce projet, mais messieurs Cédric Lambert (maire, PDC) et Michel Zimmermann (vice-président du CM, PS) ont donné de leur voix contre ce projet.

Si rien n’est fait, et si les études d’impact ne montrent aucun danger pour les nappes phréatiques environnantes, l’usine prendra forme en 2021. Les informations très optimistes données par Divonne et le promoteur privé du projet ont provoqué le commentaire suivant de la part de Cédric Lambert : « dans un climat de dialogue, je suppose que ces informations sont justes ». Même si elles semblent trop belles pour être vraies aux yeux du personnel politique de Versoix.

C’est Judith Hebert, maire de Grilly, qui a apporté la charge la plus forte envers le projet d’embouteillement. Elle a relaté ses conversations avec des habitants de Vittel, confrontés au « stress hydrique : des maisons se fissurent, des arbres centenaires meurent ». Mme Hebert a expliqué avoir voulu lancer un projet de forage au bénéfice de tous les habitants du Pays de Gex. Patatras : avec le projet d’embouteillement, celui-ci a été annulé par de plus hautes autorités. « Comment est-ce possible que ce projet est un impact sur notre forage, mais pas sur les autres nappes phréatiques ? ».

Ni Divonne-les-Bains, ni le promoteur du projet n’ont envoyé de représentants pour défendre leur position au cours de ce Conseil municipal.

Querelles de clocher

Le Conseil municipal a également validé un crédit de 100’00 CHF pour contribuer à la réfection déjà entamée de la Chapelle d’Ecogia à Versoix.

Le bâtiment n’appartient pas à la commune, ce qui a provoqué plusieurs interpellations à gauche de l’échiquier politique. M. Zimmermann (PS) s’est étonné du versement « d’argent public pour un édifice religieux ». Il s’est abstenu de voter ce crédit.

M. Jaussi (Verts) a développé au delà de l’argument religieux : « ce bâtiment est privé — et d’autres bâtiments privés ont également une importance patrimoniale… mais ne seront pas subventionnés ». Il a ensuite exprimé le souhait que la commune se dote d’une politique claire en la matière, plutôt que de contribuer au cas-par-cas.

M. Faucher-Magnan (PLR) leur a répondu que « la chapelle est la propriété d’une fondation créée par la paroisse catholique, qui est, elle, une association ». Qualifier la fondation de « privé » est donc, selon M. Faucher-Magnan, « pas tout à fait exact ».

M. Lima (PLR), souhaitant renforcer l’aspect patrimonial plus que cultuel de ce crédit, a ajouté que l’architecte ayant construit cette Chapelle d’Ecogia s’est ensuite attelé à construire la basilique de Lourdes.

Le crédit a été approuvé par 23 oui et… 2 abstentions. Dieu sait qui !

Au PS, les réglements de comptes continuent

En début de séance, M. Zimmermann a demandé à l'ajout au précédent PV une phrase du Conseiller administratif Patrick Malek-Asghar, qui a déclaré à la séance de mai 2019 qu'il s'est écoulé, au conseil administratif : « tout une année sans que le moindre objet ait fait l’objet d’un vote ». Une façon d'accuser Ornella Enhas, (vice-maire, PS), d'être trop consensuelle avec la droite. La principale intéressée ne lui a pas répondu — du moins, publiquement.
 

En bref

  • La FIVEAC a bouclé ses comptes 2018 sur un résultat de 13’000 CHF de pertes, soit environ deux fois plus que l’exercice précédent (6’200 CHF de pertes en 2017)
  • Versoix a voté les crédits nécessaires à l’achat de 4 nouveaux radars pédagogiques, utilisés en bordure de travaux ou en cas de changement de vitesse d’un tronçon de route ; si des statistiques seront communiquées à la police municipale, les informations récoltées ne pourront pas servir à poursuivre un chauffard (les radars sont pédagogiques uniquement, ne prennent pas de photo)
  • Dans le nouvel horaire CFF, Versoix devrait également perdre les Regio Express de 2h20 et 4h20, en direction du canton de Vaud

Texte et photos : Yann Rieder

 

auteur : Yann Rieder

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