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31.08.2019 par YR
num.291 septembre 2019 p.12
Le 1er août où l’Entente a parlé d’écologie

Le 1er août où l’Entente a parlé d’écologie

Boum ! Pan ! Wizz ! La cérémonie officielle des autorités versoisiennes organisée à l’occasion de la fête nationale a été ponctuée par quelques pétards, à raison d’un toutes les deux minutes.

Les discours, eux, sont restés brefs. La teneur politique des propos était mesurée : le maire a soulevé quelques enjeux sociétaux qui font bouger la Suisse. Le président du Conseil municipal a, lui, relevé que la protection de l’environnement est « l’affaire de tous », tout en donnant une version très partisanne de cet enjeu.

Sujets inévitables mais délicats : la Route de Suisse et la Grève des Femmes

Premier à prendre la parole, le maire Cédric Lambert (PDC) a affiché sa « conviction » et sa « confiance face à l’avenir qui nous attend ».

Sans surprise, il a évoqué le chantier de réfection de la route de Suisse, pour lequel « il faut accepter quelques nuisances, quelques déviations temporaires de circulation » afin d’en tirer « un espace continué plus confortable et sûr dès l’été prochain ».

Se tournant figurativement vers le pays dans son ensemble, M. Lambert a parlé d’une Suisse comme d’un « bel héritage » des générations passées, mais d’un héritage qui n’est « pas exempt de questions ». Il a souligné à cet effet la Grève des Femmes de juin dernier, poursuivant le but de « concrétiser l’égalité hommes / femmes ».

Cette grève, pourtant, les autorités communales ne les ont accommodé que de manière très modérée. Le temps de grève des employées de la commune a dû être compensé sous la forme d’heures supplémentaires (en plus) ou de jours de vacances (en moins), selon les propos du Conseiller administratif Patrick Malek-Asghar (PLR) lors de la séance du Conseil municipal de mai dernier.

Toujours lors de cette séance, la majorité dudit Conseil municipal a refusé une motion signée des Verts, visant à ne causer « aucune pénalité » aux grévistes. Les partis auxquels Messieurs Malek-Asghar et Lambert appartiennent, qui détiennent la majorité des votes, l’ont quasi-unanimement refusée.

Surprenant, donc, d’entendre le maire reconnaître la manifestation, et de la dépeindre sous un jour positif (puisqu’allant dans le sens de l’égalité femmes / hommes).

Autre mouvement reconnu par M. Lambert : les manifestations écologistes qui ont fleuri partout en Suisse, y compris en Suisse romande, dans la première moitié de l’année 2019.

Après avoir rappelé ces exemples, le maire a encouragé « l’engagement politique et travailleur des citoyens », a enjoint chacun à participer aux différents rouages de la vie civique, et, enfin, à « vivre la fête dans le partage et la ferveur ».

Sur ce dernier conseil, force est de constater que le public n’avait pas attendu son encouragement pour festoyer !

Changer l’environnement « est l’affaire de tous »

Nouveau président du Conseil municipal, Sean Sidler (PLR) est également le plus jeune à occuper cette fonction dans la commune de Versoix.

Tout comme lors de la Sérénade au maire (en juin dernier), M. Sidler a préféré composer un discours bref bien que fort de symboles politiques, dont il a donné une lecture assez rapide.

Le président du Conseil municipal considère que le pays est « au coeur du commerce international. La Suisse est le centre névralgique du continent », logée dans un monde « en plein mouvement, où les anciennes grandes puissances cherchent leur place, tandis que les nouvelles cherchent à imposer leurs idées ».

« Dans un monde où les extrêmes deviennent la norme », ajoute-t-il, il est important que la Suisse s’appuie sur sa typique collégialité, le « légendaire compromis helvétique ». Il faut selon lui « accepter les décisions prises par la majorité, et parfois simplement ‘’vivre avec’’ ».

Sean Sidler s’est ensuite tourné vers l’enjeu environnemental, affirmant que la Terre doit être protégée, alors que « nous la consommons à une vitesse folle ».

Comment faire face à ce défi ? L’élu PLR a répondu à cette question implicite en faisant usage des valeurs de son parti : « ce ne sont pas des lois et des restrictions qui changeront le monde, mais une véritable volonté individuelle — l’environnement est l’affaire de tous ».

Seul grand enjeu politique évoqué par l’élu, il est difficile de déterminer si la question environnementale n’est qu’une préoccupation personnelle de M. Sidler, ou si celle-ci sera l’un des mots d’ordre des élections à venir pour le plus grand parti de la commune, le PLR, craignant peut-être devoir faire face à une vague verte.

Enfin, en guise de conclusion, le président du Conseil municipal s’est attelé à la lecture du pacte fédéral — une tradition bien ancrée pour cette cérémonie officielle du 1er août.

Texte et photos : Yann Rieder

auteur : Yann Rieder

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