15.04.2020 par LMV
num.298 mai 2020 p.16
Les EMS versoisiens contre le coronavirus

Regroupant principalement des personnes à risques, les EMS sont les premiers acteurs touchés par le coronavirus. Selon des chiffres de la RTS datant de début avril, les résidents de ce genre d’établissements représentent une partie très importante des décès dus à la maladie : un tiers des décès au Tessin et la moitié dans le canton de Vaud par exemple. Alors comment les deux EMS versoisiens, l’EMS de Saint Loup et l’EMS Bon Séjour, gèrent-ils la crise ? Déclarations des directeurs, Ugo Cavallero et Alain Charbonnier.

Les premières restrictions sont tombées, dans les deux établissements, avant même qu’elles n’aient été décrétées par le Conseil d’Etat. Dès le 6 mars, toutes les visites ont été annulées à l’EMS Bon Séjour et à l’EMS Saint Loup, cette directive a été donnée dès le 13 mars. Par la suite, à un rythme différent, les deux directions ont décidé de mettre en place une nouvelle organisation pour éviter, en cas de maladie, d’entrainer une contamination en chaîne: les résidents sont confinés par étage et le cas échéant, si le virus est détecté, c’est uniquement l’étage concerné qui se voit contraint de renforcer le confinement aux chambres individuelles.

C’est malheureusement ce cas de figure qui a eu lieu dans l’EMS de Bon Séjour. « Le 11 mars, les résidents ont été confinés dans les étages et, le 17 mars, ils ont été confinés dans leurs chambres lorsque les premiers cas se sont déclarés » racontent le directeur de l’établissement, Alain Charbonnier. A ce jour, 11 décès liés à la maladie sont à déplorer. A l’EMS de Saint Loup, une telle situation ne s’est pas encore présentée, mais un cas dans le personnel accompagnant a été confirmé (situation au 15 avril 2020).

« C’est impossible de rendre l’EMS complètement étanche au monde extérieur», concède le directeur de l’établissement de Saint Loup, Ugo Cavallero. « Nous faisons le maximum : nous respectons les distances recommandées, le port du masque, le lavage des mains intensif, le nettoyage des surfaces, on n’arrête pas… » Ces mesures de protection sont entrées dans le quotidien des accompagnateurs dans tous les établissements, mais le risque est présent malgré tout. Cette réalité fait peser une grande responsabilité sur le personnel soignant pour qui la charge psychologique est importante. « La majorité de nos collaborateurs sont motivés à 100% mais oui, il y en a qui ne se sentent pas capables de venir travailler, même s’ils ne sont pas physiquement malades. Ils ont trop peur », raconte Alain Charbonnier.

Comme partout en Suisse, la situation semble malgré tout se stabiliser. « Des employés guéris sont revenus travailler. C’est un bon message pour le moral des équipes » rapporte Ugo Cavallero. De plus, en prenant en compte les situations au cas par cas et afin de préserver la stabilité mentale des résidents, les deux établissements ont récemment pu mettre en place de courtes sorties individuelles. Pour ce faire, l’EMS Bon Séjour a notamment reçu l’aide de deux collaborateurs du foyer de jour Livada, présent dans le même immeuble.

Dans ces circonstances, les festivités de Pâques ont bien entendu été annulées. Malgré tout, les résidents ont pu communiquer avec leur famille par Skype et déguster un peu de chocolat. Une donation de 250 lapins en chocolat a même été faite à l’établissement Bon Séjour, de quoi apporter un peu de douceur dans cette période difficile.

auteur : Laura Morales

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