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14.09.2025 par MG
num.352 octobre 2025 p.05
Une descente dangereuse d'un avion près de Versoix

Cet été, la presse a largement évoqué l'incident grave qui a eu lieu le 27 novembre 2024. Un avion a failli s'écraser dans le lac au large de Versoix lors de sa descente en direction de l'aéroport. Heureusement, il a juste pu remettre les gaz à temps et atterrir normalement quinze minutes plus tard.
Ce grave incident permet de poser des questions quant à l'information au public.
En particulier, pourquoi cela est-il resté secret jusqu'à ce qu'un journaliste de la Tribune de Genève, ayant reçu des informations d'une source française, mène une recherche approfondie ? Ce n'est seulement qu'après cela, le 25 août, que le Service suisse d'enquête de sécurité (SESE) a annoncé l'ouverture d'un examen. Avant la publication des ses résultats, ces simples questions se posent :

  1. Pourquoi l'ordre d'interrompre l'atterrissage a-t-il été donné si tard ?
  2. Au moment de l'incident, y a-t-il eu une enquête immédiate impliquant le pilote et les contrôleurs aériens ?
  3. L'incident a-t-il été signalé au directeur de l'aéroport, au président, au Conseil d'État de Genève et à la Commission consultative pour l'accompagnement de l'évolution de la plateforme aéroportuaire (CCAEPA) ? Si ce n'est pas le cas, pourquoi ?

Une réaction (d’une personne connue comme 100% pro-aéroport) publiée sur le site web de la Tribune affirmait qu'il est assez « habituel » qu'un avion interrompe son approche, survole l'aéroport, fasse demi-tour et atterrisse avec succès. L'examen de tels événements récents montre qu'il y en a en moyenne moins d'un par jour. Ne devraient-ils pas tous faire l'objet d'une analyse dans un rapport public afin que les riverains de l'aéroport et les passagers concernés puissent recevoir une explication ?
Tout cela tend à renforcer l'impression que, contrairement au but du vote en faveur d'un pilotage démocratique de l'aéroport, c'est le contraire qui se produit. Par exemple, une demande d'informations sur des sites d'enquête publique tels que ChatGPT permet de trouver des informations publiques sur les taux de remise des gaz dans 20 grands aéroports européens en 2019-2023, mais absolument aucune concernant l'aéroport de Genève. Malheureusement, contrairement à son prédécesseur, le CCLNTA (Commission consultative pour la lutte contre les nuisances dues au trafic aérien), nos représentants au CCAEPA peuvent demander des informations. Toutefois ils sont désormais tellement contraints par le secret de fonction qu'ils ne se sentent plus le droit de les transmettre comme avant.
Preuve, s'il en fallait une, qu'il existe une volonté politique d'utiliser tous les moyens possibles pour s'opposer à la mise en application de l'initiative de la CARPE, pourtant acceptée en 2019 par plus de 56% des votants. Six ans plus tard, le dossier n'a pas avancé, si ce n'est que des promesses vagues ou non tenues.
 

auteur : Mike Gérard

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