Depuis longtemps, Genève présentait régulièrement les statistiques mensuelles et annuelles du trafic aérien sous forme de tableaux Excel : passagers, mouvements et fret. Cela permettait à tous les intéressés d'analyser l'évolution au fil du temps. Cependant, au début de l'année 2025, l'élément principal, à savoir les chiffres de l'évolution des vols réguliers, a été déplacé de la première ligne vers le milieu de l'information, même s'il était toujours possible pour les chercheurs de les consulter.
Puis, après la publication des statistiques de septembre 2025, il a été décidé (par qui ?) de supprimer tout accès général à ces chiffres : pourquoi ?
Pour répondre à cette question, il est pertinent de noter qu'après que la population genevoise a accepté de rendre l'aéroport plus démocratique et plus ouvert, c'est en fait tout le contraire qui s'est produit. Tout d'abord, la CCLNTA (Commission consultative pour la lutte contre les nuisances dues au trafic aérien de l'aéroport international de Genève) a été remplacée par l'"officielle" CCAEPA (Commission Consultative d'Accompagnement de l’Evolution de la Plateforme Aéroportuaire), dont les membres sont soumis au « secret de fonction ». Plus aucune information n'est communiquée sur les délibérations.
Le 5 mars 2025, un « Rapport du Conseil d'État au Grand Conseil sur la stratégie et le plan d'affaires à moyen et long termes de l'Aéroport international de Genève (AIG) » a été publié. Il est disponible sur le lien web https://ge.ch/grandconseil/data/texte/RD01615.pdf.
Il retrace l'histoire depuis l'année 2000 et présente trois scénarios prévisionnels jusqu'en 2050 pour le nombre total de mouvements annuels. L'affirmation suivante est très intéressante :
« Il est maintenant prévu que c'est en 2025 que le niveau d'activité (trafic aérien, passagers) correspondra à celui prévalant avant la pandémie ».
Dans ce monde de plus en plus fou (!) que nous vivons aujourd'hui, il semble très probable que la baisse de 1,7 % enregistrée en septembre 2025 par rapport à 2024 pour le trafic commercial régulier de passagers se transforme en valeur pré-COVID (2019), puisque la valeur de 2025 est en fait inférieure de 7 % à celle de septembre 2019 !
Le rapport contient un graphique illustrant les trois scénarios, dont méthodologie utilisée est décrite comme suit « une étude macro-économique qui lie la croissance du trafic passagers à celle de la population de la zone de chalandise, du PIB suisse et de la nature historique du trafic d'AIG ».
Cependant, tout en acceptant le fait évident que le nombre de mouvements a atteint son maximum entre 2012 et 2019 et qu'il est limité par la piste unique et les nombreuses destinations européennes déjà desservies, le rapport admet que la croissance prévue jusqu'en 2030 nécessitera en partie « l'ajout de quelques destinations long-courriers ».
La question qui se pose désormais est donc de savoir, malgré toutes les perturbations mondiales actuelles, quels seront réellement les progrès réalisés d'ici 2030. Pour cette progression supposée, tant les riverains de l'aéroport que les journalistes devraient avoir accès aux statistiques désormais supprimées.
Que dit la loi fédérale sur le principe de la transparence de l'administration ?
PS : Le mercredi 14 janvier la Tribune de Genève contenait un reportage intitulé « Une pétition lancée pour interdire les jets privés ». Malheureusement (surprise!) l’information sur ces jets privés à Genève n’est plus accessible !