Le mois de mars a été particulièrement riche pour l’Association des Parents d'Elèves du Cycle d'Orientation, avec deux soirées organisées dans l’aula des Colombières. Réunissant chacune une quarantaine de participants, elles ont proposé des approches différentes mais complémentaires pour aider les parents à mieux comprendre leurs adolescents et à renforcer le dialogue avec eux.
Le 4 mars, en collaboration avec l’association Versoix-Égalité et la direction du cycle, l’Apeco a organisé une table ronde intitulée Stop-Harcèlement autour du témoignage poignant de Mélanie Comby, maman de Morane, jeune Valaisanne de 22 ans, poussée au suicide en 2023, après six mois de harcèlement fait d’intimidations, de violences physiques et la réception d’innombrables messages malveillants.
Pour surmonter cette épreuve et pour éviter que d’autres jeunes se retrouvent démunis, l’association Morane a été créée pour sensibiliser au fléau du harcèlement. L’association souligne l’importance de la prise de parole auprès de proches, de personnes de confiance ou à travers des lignes d’écoute. Les témoins ont également un rôle à jouer en faisant part de leur inquiétude ou en signalant des changements de comportement : scarification, variation de poids, changement de trajets … Par peur d’inquiéter leurs proches et par peur des représailles, les jeunes restent trop souvent seuls dans leur détresse, alors que l’isolement aggrave leur situation.
Le directeur du cycle a ensuite rappelé l’importance de la communication entre les familles et les membres de la communauté scolaire. L’école joue un rôle central dans la sociabilisation, car au-delà de l’instruction, elle permet l’éducation dans le vivre-ensemble. Les procédures pour briser la dynamique du harcèlement ont été exposées, avec l’objectif de faire émerger l’empathie. La sanction forte n’est appliquée qu’en tout dernier recours puisqu’elle présente l’inconvénient de cristalliser des positions plutôt que de mettre un terme au harcèlement.
La présidente de l’Apeco, Sarah Schmid Perez, a souligné l’importance de la prévention, plus efficace que la réparation. Favoriser le dialogue permet souvent d’éviter que des situations ne dégénèrent. Présente dans la salle, l’artiste Sonia Grimm, elle-même ancienne victime de harcèlement, a rappelé qu’un enfant victime n’est pas faible : il lui manque simplement les outils pour répondre. Développer l’intelligence émotionnelle et apprendre à réagir peut contribuer à briser la dynamique du harcèlement. Parmi les pistes évoquées figure aussi la mise en place d’élèves-relais pouvant servir d’intermédiaires entre jeunes et adultes.
Le 10 mars, l’Apeco était également présente pour assister à la soirée « Adolescence connectée : comprendre pour dialoguer » organisée par le Medialab de l’Université de Genève autour de la compagnie de théâtre-forum Caméléon, en collaboration avec la Direction du Cycle. À travers des situations jouées et des échanges avec le public, les parents ont pu mieux comprendre les défis auxquels leurs adolescents font face. En discutant avec les parents présents lors de la verrée offerte par l’Apeco, on peut dire que l’objectif a été atteint !
Stéphanie Markoff, du comité de l'Apeco