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15.04.2026 par ALBB
num.358 mai 2026 p.07 Les caisses des magasins : tout sucre, mais pas tout miel
La Fédération Romande des Consommateurs (FRC) a récemment analysé l'assortiment disponible autour des caisses des supermarchés en Romandie et plus particulièrement dans le canton de Genève. Le constat est alarmant : 98% d'entre-elles sont garnies de friandises, dont 22% destinées aux enfants. Pire encore : 99% de ces produits sont déconseillés par l'OMS ! En plus, leurs prix sont plus chers aux 100 g que dans les autres rayons où ils sont vendus en emballage normal. Pourtant, une motion adoptée le 12 octobre 2023 par le Grand-Conseil genevois demandait justement le retrait de ces articles à proximité immédiate des caisses. S'agissant d'une "invitation" au Conseil d'État à prendre contact avec les acteurs de la grande distribution plutôt qu'un ordre contraignant, la FRC est impatiente de la voir suivie d'un effet, enfin ! Il semblerait que l'État de Genève soit en train de négocier à ce sujet avec les sociétés du secteur. Il a le poids nécessaire pour faire changer cet environnement piégeux, la balle est dans son camp. Une responsable de magasin, que j'ai récemment questionnée à ce sujet, m'a gentiment répondu que les commerces sont à but lucratif. Bien évidemment, l'emplacement de produits tentants aux endroits où la clientèle est captive est pertinent pour augmenter les recettes, une manière de provoquer des achats non prévus, voire compulsifs. Bénéfice à la clé et objectif accompli. Rêvons un peu ! Si, aux caisses, des patates ou des mouchoirs étaient proposés, que se passerait-il ? S'agissant d'articles qui figurant sur les listes, on ne les ajouterait pas (ou trop peu) lors d'une attente, vu qu'on les aurait déjà pris. La clientèle ne serait pas outrageusement tentée de consommer des produits malsains et dépenserait moins. Bonne affaire pour elle ! Pas pour le commerçant qui, rappelons-le, n'est pas au service du public, mais bien là pour engranger de l'argent. Après la publication de son enquête, la FRC a effectué un sondage représentatif dans notre canton pour comprendre comment la population réagissait à la réalité des sucreries aux caisses. Il en ressort que huit genevois sur dix estiment qu'il s'agit d'un problème qu'il faudrait réguler. Force est de constater que la santé, même (et surtout ?) celle des enfants, ne fait pas le poids face aux lobbys commerciaux et agroalimentaires. Sans engagement ferme des autorités, une motion ne peut régler ce problème. Seule une loi permettrait de résoudre ce fléau. Reste à savoir qui aura la force de la défendre pour qu'elle passe … et quand elle sera appliquée. D'ici-là, ce sera toujours "open-bar" aux caisses des supermarchés, au grand dam des clients qui dépensent trop à l'insu de leur plein gré. Charge à eux d'avoir la force mentale de boycotter toutes ces sucreries malsaines et autres babioles placées si judicieusement sous leur regard. Un objectif : ne plus être un consommateur captif mais devenir un consom'acteur ! A ce propos, la FRC Genève est en train de préparer des ateliers dont le but est de donner au public les outils pour contourner les pièges des supermarchés – y compris les sucreries aux caisses. Il pourrait avoir lieu à Versoix. Les intéressés peuvent la contacter afin d'en organiser un dans la région. Plus d'infos ? FRC Genève : https://www.frc.ch/association/organisation/antennes-cantonales/la-frc-geneve auteur : Anne Lise Berger-Bapst
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