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24.04.2026 par AT
num.358 mai 2026 p.06
À vol d’oiseau : San Francisco, une ville plus sauvage qu’on ne le pense

Quand on imagine San Francisco, on pense d’abord aux gratte-ciels, au brouillard et au célèbre Golden Gate. Rarement aux oiseaux. Et pourtant, la ville et ses environs abritent une diversité étonnante, qui rivalise sans peine avec bien des espaces ruraux.

Il suffit de lever les yeux.

Dans les parcs urbains ou même au détour d’un jardin, un minuscule éclair vert peut surgir : le colibri d’Anna, infatigable voltigeur capable de rester en surplace avec une précision fascinante. Non loin de là, perché au sommet d’un conifère, le geai de Steller attire l’attention avec son plumage sombre et sa huppe élégante, aussi bruyant que curieux.

Mais la surprise vient aussi des rapaces. Le faucon pèlerin, autrefois menacé, a trouvé dans les falaises urbaines et les gratte-ciel des substituts parfaits à son habitat naturel. Il y chasse à une vitesse vertigineuse, transformant la ville en terrain de chasse aérien. Plus discret, le grand-duc d’Amérique veille au milieu des eucalyptus, tandis que l’effraie d’Amérique se cache au sein d’un conifère.

En prenant un peu de hauteur ou en s’éloignant vers les zones plus boisées, on peut observer la buse à épaulettes, reconnaissable à son cri puissant et à ses teintes roussâtres. Et dans les cieux dégagés ou au bords de l’océan, l’urubu à tête rouge plane longuement, jouant un rôle essentiel mais souvent méconnu dans l’équilibre naturel.

Puis, au large, un autre monde s’ouvre : celui des îles Farallon. Battues par les vents, ces îles abritent une faune spectaculaire. Parmi elle, le macareux huppé, avec son allure presque exotique, semble tout droit sorti d’un autre continent. Ces terres isolées sont un refuge précieux pour de nombreuses espèces marines, baleines, phoques, otaries, requins, et oiseaux pélagiques entre autres.

Ce contraste est saisissant : à quelques kilomètres d’une grande métropole, une vie sauvage foisonnante prospère.

San Francisco rappelle ainsi une chose simple, mais souvent oubliée : la nature ne disparaît pas en ville, elle s’adapte, se cache, et attend qu’on prenne le temps de la regarder.

Alors, la prochaine fois que vous sortirez, que ce soit pour une promenade ou simplement en levant les yeux entre deux rues, posez-vous la question : quels oiseaux partagent cet espace avec nous ?

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auteur : Adrien Tamone

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