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13.11.2025 par ro
num.354 déc.2025-janv.2026 p.03
Réponse à l’article « Aucun répit pour les cerfs de Versoix » paru dans le Versoix région

Suite à l’article publié dans Versoix Région concernant la régulation du cerf dans la région de Versoix, le Département du territoire souhaite apporter quelques précisions pour assurer une information complète du public.

Une action régionale : Explication chiffrée

La chasse aux cerfs ne s’est pas intensifiée en septembre : elle débute à cette période, conformément à la loi fédérale. Du côté français, le plan de tir du cerf s’élève à 35 à 40 animaux par an sur l’ensemble des communes limitrophes, et ce depuis environ cinq ans. Du côté vaudois, il se situe entre 15 et 20 cerfs par an. Cette année, à Genève, le quota a été établi à 40 cerfs avec les membres de la Sous-commission de la faune.
Ces plans de tirs sont discutés lors de séances communes entre gestionnaires français, vaudois et genevois, car une population de cerfs se gère à un niveau régional.
Le chiffre de 20 cerfs abattus à Chavannes-des-Bois en septembre est faux : 6 animaux ont été prélevés durant cette période. Fin octobre, leur nombre s’élevait à 12.

Un juste équilibre

Concernant la phrase de l’article selon laquelle on verrait « disparaître le dernier bastion de cohabitation pacifique entre l’homme et la faune sauvage, qui faisait notre fierté et notre réputation dans le monde entier », les autorités, soucieuses de respecter l’interdiction de la chasse qui caractérise à Genève, tiennent à rappeler qu’elles appliquent depuis des décennie une même politique de gestion de la faune visant à maintenir des populations d’animaux sauvage importantes, comme le sanglier et le chevreuil, mais adaptées aux contextes locaux.
La décision d’instaurer une régulation du cerf fait suite aux limites des mesures de prévention déjà mises en place. Elle s’inscrit dans la même réflexion que celle mise en œuvre pour le sanglier (150 à 350 animaux tirés/an) et le chevreuil (25 animaux/an) et s’appuie sur une réflexion légale, mesurée et équilibrée. Les gardes de l’environnement, dont les missions principales sont la préservation de la biodiversité et la surveillance du patrimoine naturel, assurent ces mesures avec professionnalisme. Ils le font à l’aide de moyens modernes d’observation nocturne, garantissant des tirs sûrs : lors d’un tir de régulation, les autres cerfs présents ne s’enfuient pas, indice du faible stress engendré par cette méthode.

L’objectif de la régulation est de trouver un équilibre satisfaisant entre la faune sauvage et les activités humaines. Un champ de colza non protégé peut être endommagé à 80–100 % : on ne peut prôner une agriculture locale et durable tout en laissant des animaux détruire les cultures. Il faut rappeler que les espèces régulées sont des proies, dont la dynamique de population est depuis des millénaires liée à une forme de prédation. Une population de cerfs peut croître de 30 % par an.

En l’absence actuelle de prédateurs, seule la famine, la maladie ou la régulation peuvent limiter leur expansion et maintenir les équilibres locaux.


Une gestion locale raisonnée et conforme au cadre légal
Le processus légal de gestion de la faune sauvage prévoit que, lorsqu’une espèce voit ses effectifs croître au point de provoquer des dégâts importants, des mesures de protection sont d’abord mises en place. Lorsque ces mesures deviennent insuffisantes ou que leur coût devient excessif (actuellement entre 130 000 et 150 000 CHF par an uniquement pour Versoix, avec plus de 20 km de clôtures) — des actions de régulation peuvent alors être proposées au Conseil d’État qui, dans le cas des cerfs des Bois de Versoix, valide annuellement la mesure depuis 2023. Comme le mentionne la journaliste à son propos, après deux ans de divers recours, un seul reste à juger au Tribunal fédéral. Tous les autres ont été rejetés par les instances genevoises et fédérales. Les mesures de régulation des cerfs dans les Bois de Versoix sont donc conformes au droit.

Pauline de Salis-Soglio

auteur : rédacteur occasionnel

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