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15.11.2025 par LW
num.354 déc.2025-janv.2026 p.06
Spontanées avec Jolanka Tchamkerten

 
Elle a su enjamber maints croche-pattes avec élegance. Elle nous raconte aujoud'hui qui est la femme derrière la politicienne. Jolanka Tchamkerten, Maire de Versoix pour la troisième fois. Une main de fer dans un gant de velours vous avez dit ?

Un magnifique après midi d'automne, une petite table dans un des cafés versoisiens, une conversation avec une personne attachante, remarquable : Jolanka Tchamkerten. Le soleil est là, mais il fait déjà un peu frais pour la terrasse.

Il y a quelques semaines, lors d'un évenement organisé par la commune, j'avait proposé à Madame la Maire de l'interviewer elle, Jolanka, en dehors de ses fonctions politiques. Et elle a accepté, elle était partante pour partager un peu de sa personne avec les lecteurs de Versoix Region.

Avez vous grandi à Versoix Jolanka ?

Non non, j'ai grandi à Chêne-Bougeries, avec ma maman de nationalité tchèque et mon papa suisse. Mais je me suis mariée avec un Versoisien d'origine. Et quand, en 1998 nous cherchions un appartement, on a décidé de s'installer à Versoix.
Aujourd’hui nous vivons dans la maison que le grand-papa de mon mari avait fait construire à Versoix. Et j'ai la chance de pouvoir accueillir ma maman dans un étage supérieur de cette maison ancienne que nous sommes en train de rénover depuis des mois !

Qu'est-ce que la jeune Jolanka voulait devenir quand elle était enfant ?

Je voulais devenir infirmière. J'avais l'envie d'aider les autres.
Et puis, j'ai toujours été attirée par le monde du livre, mon papa étant libraire. Alors j'ai choisi de devenir bibliothécaire. Et je le suis toujours ! En parallèle de ma fonction politique, je travaille comme bibliothécaire à 20% à la bibliothèque du CMG HEM (Conservatoire de Musique de Genève, Haute Ecole de Musique). Cette bibliothèque possède des ouvrages de musique, des partitions rares, des manuscrits anciens, des méthodes d'enseignement de la musique. C'est passionnant !

Dans quelle matière étiez vous forte à l'école ?

En mathématiques, en grec ancien et en latin. Et je maintiens encore aujourd’hui l'idée que, même si on ne tiens pas des conversations en latin, cette langue est une bonne base pour structurer ses idées et pour apprendre d'autres langues.

A l'école, étiez vous déjà une « personne politique » ? Par exemple représentante de la classe, organisatrice de groupes de discussion ?

Oh non, j'étais une jeune plutôt timide.

A quelle moment ce courage politique est né ?

Mon entrée en politique fut plutôt un enchainement heureux de bonnes occasions. Quand en 2001 ma fille aînée, puis ma deuxième fille, ont fréquenté le Jardin d'enfants versoisien Les Mouflets, j'ai rejoint le comité de l'association pour donner un coup de main. C'était aussi une excellente et agréable façon de connaître de nouvelles personnes. Ma fonction au sein du comité a été principalement de prendre le PV des séances. Et comme dans toute association qui bénéficie d'une subvention de la commune, un/une delegué/e du CM est présent lors des réunions du comité. C'est à ce délégué que j'avais exprimé ma curiosité quant au fonctionnement d'un parti politique ! Alors il m'a proposé d'assister aux réunions des Verts. Et cela m'a plu. Et voilà, en 2011 j'étais sur la liste du parti des Verts pour les élections communales. Et surtout : j'ai été élue !!! Un super nouveau chapitre de vie : la vie politique.

Et si je rentre un peu dans l'organisation quotidienne de Jolanka, comment commencez vous la journée ?

Je fais une mini séance de yoga, puis je prend du café et une tartine.

Et comment se présente la fin de semaine idéale ?

Une randonnée, un repas entre amis, un concert de piano.

Aimez vous faire la cuisine ? Avez vous une spécialité culinaire ?

Oui, j'aime cuisiner de temps en temps. Par exemple une spécialité familiale, la choucroute à la hongroise. A la différence de la choucroute alsacienne, elle est accompagnée d'un ragout. C'est très bon ! Ça se mange surtout en hiver.

Quelle est la décision la plus folle que vous ayiez jamais prise ?

Ha ha ha, me présenter au Conseil Administratif !
Blague à part, ça rentre dans le cadre de mon ambition d'être au service des autres. Et très vite j'ai pu apprécier l'appui d'une grande partie de la population, surtout lors des récents problèmes au sein de la Mairie ! Un beau souvenir qui m'a marqué : lors d'une fête du 1er août de très jeunes versoisiens sont venus vers moi pour m'encourager ! Ces moments avec la population sont des moments privilégiés qui font que je ne regrette rien !

Avec quelle personnalité, actuelle ou historique, aimeriez vous partager un verre ?

Avec Stefan Zweig, écrivain autrichien, né à Vienne en 1881. C'est un auteur hypersensible, il a une relation complexe avec la société de l'époque, sa rigidité, ses jugements. Il décrit les tourments émotionnels de ses personnages, avec une forte dimension psychologique.

J'ai spécialement apprécié sa nouvelle Le joueur d'échecs. J'échangerais avec lui sur ses critiques sociales, sur les conséquences de la guerre sur l'individu. Et, comme c'était un très grand collectionneur, je lui demanderais de me montrer sa magnifique collection d'autographes (qui se trouve par chance aujourd'hui en grande partie à la Fondation Bodmer à Cologny).

Si vous aviez une baguette magique, que changeriez vous à Versoix ? Dans la région ?

Je ferais disparaître le bruit et la pollution des avions, clairement !

Une méthode personnelle pour accepter les choix d'une majorité, même si on ne les partage pas vraiment ?

Prendre du recul. S'adapter à la nouvelle situation et trouver comment travailler avec.
Je suis assez tenace, je ne me laisse pas décourager !

Le choix des dicastères, une évidence ?

La première fois, lors d'un premier mandat on reçoit souvent ce que les autres ne veulent pas prendre. C'est quand on est reconduit qu'on peut exprimer l'envie de prendre d'autres dicastères. Mais entretemps, ces tout premiers dicastères, on les a apprivoisés, on s'intéresse, on se documente et on souhaite les garder ! Ce fut le cas avec le dicastère Bâtiments :)

Votre vie politique va évoluer après le mandat dans l'exécutif de Versoix ?

J'aime rester en contact direct avec la population, sur le terrain. Je trouverai certainement d'autres formes d'engagement qui me permettront d'avoir une action concrète de terrain.

Merci beaucoup Jolanka pour ce moment très sympathique passé avec vous ! Merci d'avoir répondu à mes questions pour mieux connaître Jolanka Tchamkerten du côté moins politique. Nous continuerons à nous croiser dans notre belle commune lacustre !

auteur : Lisa Widmer

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Jolanka Tchamkerten