Président, synonyme ? Dévouement !
Interview d’Alexandre Moraga, président sortant du F.C. Versoix
Être président d’un club, c’est bien plus qu’un simple titre. C’est un engagement passionné, ponctué de moments de fierté et de défis parfois ingrats. À travers ce bref interview, nous vous invitons à découvrir un bilan, partiel bien sûr, de la présidence d’Alexandre Moraga, un de ces bénévoles dévoués, dont le rôle à la fois exigeant et gratifiant, a contribué à assurer la marche d’une des plus importantes associations sportives versoisiennes durant 6 ans.
Votre plus grande fierté et votre plus grande déception au cours de votre présidence ?
Ma plus grande fierté, c’est d’avoir réussi à pérenniser un club d’envergure, avec une organisation digne d’une PME et une santé financière équilibrée. Nous avons continué le travail entrepris par mes prédécesseurs, en professionnalisant le fonctionnement du FC Versoix. Nous avons lancé des projets durables comme le Team-Léman, renforcé l’offre jeunesse, et développé des camps de football et multisports parmi les plus accessibles du canton, qui permettent aussi de financer le club. Et tout cela grâce à deux comités et une équipe d’amis qui ont donné une énergie incroyable. Les fiertés sont nombreuses.
La plus grande déception, c’est évidemment la relégation de notre première équipe en 3e ligue, d’autant que nous avons frôlé la montée en 2e ligue inter trois saisons de suite. C’est le revers le plus difficile à accepter.
Les subventions publiques permettent-elles d’assurer la stabilité du budget ? Quelle part représentent-elles ?
La subvention de la Ville de Versoix est précieuse et essentielle pour le FC Versoix. Elle contribue clairement à la stabilité du club, mais elle ne suffit pas à couvrir nos besoins : nous ne pourrions pas vivre uniquement de subventions et de cotisations.
Pour donner un ordre d’idée (hors infrastructures mises à disposition par la Ville) :
• 47,5 % provient des cotisations,
• 17 % des manifestations,
• 9 % des sponsors,
• 15,5 % de la subvention de la Ville,
auxquels s’ajoutent d’autres soutiens ponctuels.
L’équilibre du club repose donc énormément sur le travail des bénévoles. Les associations sont de plus en plus exigeantes, les attentes du public aussi, et il devient difficile de trouver des personnes prêtes à s’engager avec constance. C’est un défi réel.
Sur le benchmark communal : chaque commune a sa politique. Ce qui compte pour nous, c’est la transparence avec la Ville de Versoix, exposer nos besoins, nos difficultés, et construire des solutions ensemble. Mais il ne fait aucun doute que le club a besoin d’un soutien renforcé.
Quel regard portez-vous sur les relations entre le club et la Ville ?
Nous avons toujours entretenu une bonne relation avec la Ville, et nous veillons à la préserver. Un club comme le FC Versoix joue un rôle social majeur pour une municipalité : il rassemble, il intègre, il crée du lien. De la même manière, le soutien et l’écoute de la Ville sont essentiels pour que le club puisse continuer à remplir cette mission. C’est un partenariat nécessaire, et nous faisons tout pour qu’il reste optimal.
Les équipes Team-Léman (FC Versoix – FC Collex-Bossy) : bilan positif ?
Le bilan est extrêmement positif. Comme dans tout partenariat, il y a des ajustements constants à faire, mais au regard du travail accompli avec nos amis de Collex, des résultats sportifs et des perspectives, c’est un quasi sans-faute. Beaucoup d’autres projets similaires dans le canton n’ont pas tenu. Celui-ci est envié, solide, et j’espère sincèrement qu’il se poursuivra longtemps.
De quoi le club a-t-il le plus besoin pour progresser ?
Très clairement :
- de bénévoles, pour renforcer la structure ;
- de moyens financiers supplémentaires, pour améliorer l’encadrement, le matériel, et soutenir les équipes ;
- et surtout d’un terrain synthétique supplémentaire : avec les nombreuses annulations dues aux conditions météorologiques, nous souffrons régulièrement de fermetures de terrains. Un nouveau synthétique permettrait de pallier cette situation et d’assurer une pratique régulière pour toutes nos équipes.
Que retenez-vous de ces années de bénévolat ?
LE DÉVOUEMENT. Je pèse mes mots. Toutes les personnes avec lesquelles j’ai travaillé ont donné de leur temps pour les autres. Qu’elles soient au comité ou en dehors, qu’elles aident lors des manifestations, des matchs ou des tournois, ce sont ces femmes et ces hommes qui font vivre le club. C’est ce que je retiens le plus profondément.
Envisagez-vous de rester impliqué dans la vie du club ?
Oui, clairement. L’équipe en place est excellente et je me réjouis de continuer à œuvrer aux côtés d’Yvan Perroud, notre nouveau président, dont l’expérience dans le football est remarquable. Avec lui, avec le comité, et – je l’espère – avec de nouveaux Amis du FC Versoix, nous avons un magnifique chantier devant nous, notamment l’organisation du 100e anniversaire du club en 2027, qui demandera énormément d’énergie. Je resterai impliqué avec plaisir.
Merci à Alexandre pour son travail à la tête du FC Versoix. Son engagement, qu’il va prolonger, sera une aide précieuse en vue de l’année 2027 qui verra le club fêter son centième anniversaire.
Interview J. Rochat
(une photo à venir de l’ancien et du nouveau président)
Exergue : si nécessaire
« … surtout d’un terrain synthétique supplémentaire : afin de ne plus subir de nombreuses annulations de matchs et d’entraînements … »