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15.03.2026 par ro
num.357 avril 2026 p.04
Billet côté évangélique

Soif de liberté
Être libre fait partie de ces aspirations profondes de tout être humain, c’est une raison pour laquelle se sont développés les droits de l’homme, lesquels se fondent sur plusieurs libertés fondamentales comme la liberté individuelle. Dans la Bible, le sujet de la liberté est aussi présent, notamment dans l’Évangile de Jean. Quelles réponses à cette soif de liberté pouvons-nous retirer des paroles de Jésus rapportées dans ce texte ? Voici quelques éléments de réponse.
La vérité qui libère
Dans Jean 8 : 32, Jésus se trouve au temple de Jérusalem et il déclare à la foule qui l’entoure : « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres ». Pour comprendre cette affirmation, il est important de relever que ces paroles s’adressent aux Juifs convertis (aux Juifs qui avaient cru en lui) et qu’elles sont suivies par un dialogue de Jésus avec les pharisiens. Ces derniers ne comprennent pas comment ils deviendraient libres, alors qu’ils ne sont esclaves de personne. En fait, Jésus aborde dans ce texte la question du péché, soit ce qui sépare l’homme de Dieu, une notion bien comprise par les Juifs de l’époque. Pour les Juifs convertis, l’affirmation de Jésus concernant la liberté est précédée d’une invitation qu’il leur adresse : celle de demeurer dans sa parole, parole que Jésus prononce. C’est en connaissant Dieu, qui se rencontre au travers de l’œuvre du salut en Jésus, que nous découvrons une vraie liberté. Elle n’est pas liée à notre statut (comme ici les pharisiens, qui n’étaient esclaves de personne), ni à des droits respectés nous rendant justes, mais à la découverte d’une personne, Jésus, qui se rencontre encore aujourd’hui au travers de la lecture de la Bible, de la prière, du silence, sans contrainte, mais dans le respect de la liberté de chacun-e.
La liberté qui ouvre de nouveaux chemins
Au début de ce même chapitre 8 de Jean, il y a un récit intéressant : celui d’une rencontre de Jésus avec une femme condamnable et méprisée par la société. Cette femme, « surprise en flagrant délit d’adultère », est amenée par les pharisiens et les spécialistes de la Loi aux pieds de Jésus, qui doit se prononcer sur l’application de la loi juive prévoyant dans ce cas la lapidation. Jésus répond d’une manière surprenante : il se baisse, écrit quelque chose sur le sol (on ne sait pas ce qu’il écrit), puis déclare : « Que celui d’entre vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle ». À un piège dans lequel il ne tombe pas, Jésus répond par un miroir de la conscience personnelle des accusateurs, qui se rendent subitement compte qu’eux aussi ont péché, et pas seulement la femme adultère. Comme personne ne jette de pierre de condamnation et que la femme se retrouve seule face à Jésus, ce dernier la libère en lui disant : « Moi non plus, je ne te condamne pas ; va, et désormais ne pèche plus ». Ce « va » résonne comme un « tu es libre, tu n’es pas condamnée à rester comme tu es, tu peux continuer ta vie, et je t’invite à emprunter un chemin différent de celui que tu as connu jusque-là, un chemin de vie et de liberté ».
Conclusion
La soif de liberté trouve son origine dans le cœur même de Dieu, qui a créé l’humain libre. À travers ces deux textes de l’Évangile de Jean, nous découvrons d’une part que la liberté s’acquiert par la connaissance de Dieu au travers de Jésus, qui a dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jean 14.6). D’autre part, elle se vit dans nos choix, avec cette invitation à quitter nos chemins de culpabilité et de mort pour entrer dans de nouveaux chemins de liberté et de vie. Que ces quelques réflexions puissent contribuer à étancher votre soif de liberté !

Stéphane Klopfenstein, pasteur
 

auteur : rédacteur occasionnel

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